Revalorisation des retraites agricoles : Les sénateurs de Martinique montent au créneau

Rédigé par le 9 mars 2018

Communiqué de presse

Scandaleux coup de force du Gouvernement sur la revalorisation des retraites agricoles

Une proposition de loi était présentée hier au Sénat, elle visait à revaloriser les pensions de retraite agricoles notamment en Outre-mer où un chef d’exploitation agricole mono pensionné sur deux perçoit une retraite inférieure à 333 € par mois et vit donc très largement en dessous du seuil de pauvreté ! 

Grâce à ce texte, ces personnes auraient pu toucher dès cette année 85% du SMIC pour une carrière complète et auraient eu la garantie de toucher au moins 75% du SMIC si leur nombre d’années de cotisations n’était pas suffisant.

Malheureusement, le Gouvernement a choisi d’avoir recours au vote bloqué, empêchant les parlementaires que nous sommes de déposer des amendements, et a décidé unilatéralement que ce texte ne serait appliqué qu’en 2020 alors qu’il avait été voté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale et par la Commission des affaires sociales du Sénat !

Face à ce coup de force, les sénateurs du groupe CRCE, à majorité communiste, qui portaient cette proposition de loi ont décidé de retirer le texte pour repousser son examen au 16 mai afin d’essayer de convaincre le Gouvernement de revenir sur sa décision. Si la procédure du vote bloqué et le report en 2020 étaient maintenus, cela porterait un coup dur à nos agriculteurs et à un secteur qui, bien que capital, souffre de problèmes chroniques sur nos territoires.

En Martinique, notre agriculture est soumise à des contraintes insulaires(exigüité, dépendance économique vis-à-vis de certains produits d’importation…), climatiques, sanitaires (pression parasitaire…) et à des possibilités réduites d’économies d’échelle (prédominance des petites exploitations, coût de la main-d’œuvre, prix élevé du foncier…) qui augmentent les coûts de production. Les coûts post récoltes sont également élevés en raison de la faible taille et de l’isolement des opérateurs concernés, rendant peu compétitifs certains produits issus de l’agriculture locale face aux importations.

Entre 2001 et 2011, la Martinique a vu le nombre de ses exploitations agricoles passer de 8 000 à 3 300. Cette diminution a été particulièrement marquée pour les petites structures : aujourd’hui, 66% des 2994 exploitations agricoles présentent une Surface Agricole Utile (SAU) de moins de 5 hectares. L’agriculture ne couvre plus que 21% du territoire soit une diminution de 23% de la SAU en 10 ans. En outre, entre 2013 et 2014, nous avons assisté à une régression de 14% des cultures légumières, 6% des cultures fruitières semi permanentes et 30% des cultures fruitières permanentes !

Le renouvellement des exploitants agricoles (seuls 9% des chefs d’exploitation ont moins de 40 ans), dans un contexte de fort vieillissement de la population et de déclin démographique, exige une forte vitalité de l’Enseignement Agricole et une intensification de la politique d’encouragement à l’installation. Mais comment y parvenir dans la mesure où on promet aux potentiels jeunes agriculteurs travaux pénibles et horaires à rallonge, faibles revenus durant leur vie active et retraite aux antipodes de tous les efforts fournis pendant tant d’années ?

Il y a urgence à agir ! Catherine Conconne s’associe à moi pour déplorer l’action du Gouvernement qui vise à repousser d’au moins 2 ans l’entrée en vigueur d’une mesure pourtant vitale pour nombre de nos compatriotes et qui aurait insufflé une bouffée d’oxygène à tout un secteur en difficulté.

Maurice ANTISTE
Sénateur de la Martinique


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